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Christian Crapanne (suite)

En sus de sa présentation, Christian a accepté de répondre à notre questionnaire.

Quel rapport entretenez-vous avec le monde audiovisuel / le monde de l’image en général ?

Un rapport de passion comme spectateur, auteur, animateur ou organisateur. La création d’un diaporama me prend tout entier et pour longtemps. Je mets beaucoup de moi-même dans le scénario, le texte, les images, la musique pour raconter une histoire, créer une atmosphère onirique, voire mystique et essayer de transmettre mes propres émotions.

J’aime aussi dans mes prises de vues « traquer » la lumière dans les moindres recoins, ce qui me vaut de très longues soirées en été ! Je me retrouve enfin pleinement dans cette citation : « on ne termine pas une œuvre, on l’abandonne », et quand je sors d’un diaporama, ce n’est pas indemne. Mais quelle satisfaction de pouvoir le partager avec un public !

Comment voyez-vous le rôle de juré dans un festival et à quoi serez-vous plus particulièrement attentif en regardant les œuvres en compétition ?

Mettre en avant collectivement, par l’échange et la discussion, les œuvres ayant quelque chose en plus, ce supplément d’âme, d’inventivité, d’émotion qui fait la différence. Pour moi, en dehors des critères habituels de jugement, un « bon » diaporama est un diaporama que je souhaite revoir.

Je serai particulièrement attentif à la créativité, à l’écriture audiovisuelle, à la cohérence entre le message et les moyens employés. Je serai également sensible à l’utilisation de sources originales d’auteur pour le scénario et le texte, voire la musique.

Enfin il faudra veiller à ne rien oublier, à ne pas passer à côté d’une œuvre plus difficile d’accès mais innovante, ou qui possède une composante, un élément au-dessus de la moyenne.

Avez-vous une passion en dehors du diaporama ?

Une passion qui prend de plus en plus de place : l’écriture, principalement de poèmes en forme libre, mais aussi de scénarios (diaporamas et courts-métrages vidéo), nouvelles, contes, reportages, livres photos, et des projets de roman pour une autre vie...

Depuis des années, les textes s’entassaient dans mes tiroirs, un recueil vient enfin d’être publié en attendant les autres. Tout cela, de peur de m’ennuyer et pour me recharger entre deux dévorantes créations audiovisuelles. Et parce que pour moi, un jour sans créer est perdu, c’est presque pathologique !

Quelle œuvre d’art vous parait au-dessus de toutes les autres ?

J’ai beaucoup de mal à départager quatre œuvres ou plutôt quatre paires d’œuvres qui m’ont bouleversé :
- 2001, l’Odyssée de l’espace, le film et le roman.
- Le Requiem de Mozart et le film Amadeus.
- La Jeune Fille et la Mort, le quatuor de Schubert et l’interprétation filmée de la formation Alban Berg.
- Le Boléro de Ravel, la musique et le ballet de Maurice Béjart avec Jorge Donn.

S’il faut vraiment choisir : le film 2001, l’Odyssée de l’espace, parce qu’il parle de la destinée humaine de façon révolutionnaire et indémodable, et parce que cette œuvre contient en elle-même beaucoup de formes artistiques.

Quelles sont vos références artistiques, tous arts confondus ?

En général, tout ce qui me sort du quotidien et m’entraine dans le rêve et l’imaginaire. Tous les artistes visionnaires qui ont su construire leurs propres univers. En voici quelques-uns :

Cinéma  : Kubrick, Nolan, Burton, Gilliam, Tarkovski, Spielberg, Jackson, Fellini, Allen, Moretti, Tati, Godard, Marker, Blier.

Littérature  : Philip K. Dick, Arhur C. Clark, Bradbury, Asimov, Herbert (tous auteurs de science-fiction), Vian, Prévert, Rimbaud, Poe, Tolkien, Kafka.

Musique  : Preisner, Gorecki, Nyman, Schnittke, Tormis, Scelsi, Reich, Redolfi, Pärt, Garbarek, Sibelius, Ravel, Mozart, Schubert.

Peinture : les impressionnistes français et l’anglais Turner, les surréalistes (Dali, Magritte, Chagall, Miró, Bacon), Vermeer, Rembrandt, De La Tour, Le Caravage.

Photographie : Jeanloup Sieff, Ansel Adams, Yann Arthus-Bertrand. Architecture : l’art roman, les cercles de pierre et mégalithes préhistoriques.

Mathématiques (oui, c’est un art tout autant qu’une science !) : le Zéro, le Un et l’Infini, bases de notre monde numérique et de notre pensée philosophique…

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